Pour les anciens, j'ai recommencé l'écriture libre. Je continue mon histoire. Si vous ne l'aimez pas, faites ce code: ALT+F4. Si vous avez des commentaires PERTINENTS, INTELLIGENTS et que vous êtes capable de ne pas les écrire de façon anonyme, je serais ravie de les
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Elle parla des heures avec son amie et le simple son de sa voix lui remonte immédiatement le moral. Tanya était comme ça : elle avait besoin de se faire rassurer. Elle avait peur du jugement des autres, peur d’agir et de subir les conséquences. Elle ne pouvait pas dire qu’elle n’avait pas aimé sa soirée avec Pascal, mais elle se sentait mal d’avoir agit ainsi, impulsivement, dangereusement. Elle était inévitablement attirée par lui mais quelque chose l’empêchait de profiter de tout ce qui s’offrait à elle. Une petite voix au fond d’elle-même lui soufflait la réponse mais elle ne voulait pas l’entendre.
Quand elle raccrocha, elle se dit qu’il était peut-être trop tard pour entamer une quelconque activité et décida de lire un peu, quelque chose qu’elle avait mis de coté depuis un moment et qui, jadis, avait tellement fait partie de sa vie. Un livre, c’était ce qui lui faisait le plus grand bien, quand elle était adolescente. Elle n’avait pas besoin de chercher le regard des autres, elle s’inventait une vie à travers les personnages de ses livres. Combien d’heures avaient-elles passé à fantasmer sur tel ou tel héros d’un de ses ouvrages? Combien de fois avait-elle souhaité quitter pour sauter dans les pages d’un de ses livres, comme Fanfreluche le faisait si souvent. Parfois, elle s’en trouvait si pathétique qu’elle cessait de lire pour un moment. Mais l’attirance était trop forte, trop profonde, elle avait besoin de lire, comme elle avait besoin de respirer. C’était un besoin vital, qui la gardait en vie, qui lui permettait de ne pas sombrer dans la folie dans ce monde parfois trop grand pour une petite fille. Quand elle eut lu assez pour que son esprit se calme et que sa vision se brouille, elle alla se coucher en position fœtale dans son lit et se mit à pleurer. Elle pleura longtemps, ainsi couché, sans grande raison apparente. Elle pleurait parce que ça lui faisait du bien. Elle pleurait parce qu’elle regrettait comment elle avait agit avec un garçon qu’elle n’aimait pas, mais qui l’attirait quand même. Elle pleurait parce qu’elle ne pouvait pas s’enlever de la tête la phrase que l’inconnu avait prononcé à la libraire : « Je sais que c’est peut-être étrange de venir vous voir comme ça, mais j’aurais voulu savoir si… » Cette phrase tournait en boucle dans sa tête, comme si on avait oublié d’enlever la fonction de sur le lecteur de musique. Elle pleurait parce qu’elle avait mal, mal à la vie, mal à l’amour. Elle pleurait d’être aussi puérile et fragile à cause des hommes. Elle pleurait parce que c’était la meilleure chose à faire.
Ce matin-là, en se levant, ce sont ses yeux un peu bouffis qui lui rappela sa soirée de la veille. Elle soupira de découragement avant de se lever. En regardant par la fenêtre de sa chambre, elle remarqua qu’une pluie torrentielle s’abattait sur Montréal aujourd’hui. « Décidément, pensa-t-elle, le temps s’adapte à mon humeur! » Elle s’habilla prestement, déjeuner en vitesse et se rendit, comme tout le reste de son été, à la petite librairie rue St-Hubert. En marchant, rapidement, pour s’y rendre, elle se dit que, malgré tout, elle était chanceuse d’avoir un tel emploi, aussi prêt des livres. Elle se promit, ce jour-là, de ne plus jamais mettre de côté son premier amour : la littérature.
La journée passa à la vitesse de l’éclair. Tanya avait décidé de faire ce qu’Henri lui avait demandé quelques jours avant : un inventaire de l’arrière-boutique. Concentrée sans ses chiffres et ses titres de roman, Tanya ne vit pas l’horloge tournée et c’est finalement son patron qui vint lui cogner sur l’épaule à l’heure de la fermeture pour lui ordonner de rentrer chez-elle. « J’ai rarement vu une jeune femme comme vous, Tanya, lui dit-il en la regardant partir. Ne vous en faites pas trop avec la vie, ajouta-il, elle sait toujours nous surprendre! » Tanya repartit chez elle, rêveuse. La sagesse des gens la surprenait toujours tant. Elle décida de faire un rapide saut à l’épicerie afin d’acheter quelques trucs qui lui manquait depuis quelques jours, ses céréales étant meilleures avec un peu de lait! Cette soirée-là, elle s’installa devant son téléviseur, avec un peu de chocolat et un grand verre de jus d’orange, un de ses péchés culinaires, et elle relaxe. Elle pensait à la rentrée scolaire qui approchait de plus en plus et elle trouvait que son été avait passé très vite, après tout. Elle savait que l’université allait prendre beaucoup de son temps et elle en vint à la solution qu’un homme dans sa vie serait peut-être de trop.